Plus l’industrie fonce vers l’IA, plus certains restaurent les machines qui l’ont précédée. C’est le constat d’un reportage d’Euronews publié le 10 août : la collection d’ordinateurs vintage se porte bien, et le boom de l’IA n’y est pas étranger.


Des collectionneurs qui rafistolent les ancêtres

Josh Dersch, ingénieur logiciel à Seattle, estime posséder plus de 200 ordinateurs et appareils vintage chez lui. Son argument : c’est un plaisir de déboguer et réparer ces machines, parce qu’on peut comprendre tout le système de haut en bas. Là où d’autres voient de la ferraille, il voit des artefacts de l’histoire de l’informatique.

Le phénomène dépasse les cas isolés. Erik Klein, président de la Vintage Computer Federation, organise chaque année un festival au Computer History Museum de Mountain View, en plein cœur de la Silicon Valley, plus des événements, ateliers de réparation et bourses d’échange aux États-Unis et au Canada. Des événements similaires essaiment en Europe.

Côté cote, c’est devenu sérieux : des machines emblématiques comme l’Apple-1, premier produit de la compagnie, se négocient des centaines de milliers d’euros sur les places de marché en ligne.

Pourquoi maintenant

Le parallèle avec l’IA est frappant : à mesure que la Silicon Valley façonne le futur avec des modèles de langage, une communauté grandissante sauvegarde les Atari, Commodore et IBM qui sont les ancêtres des laptops, montres et smartphones actuels. Ces collectionneurs font revivre des machines construites bien avant internet, les réseaux sociaux et l’IA.

L’ironie est belle : les serveurs qui entraînent les modèles d’IA descendent en ligne directe de ces machines que les passionnés restaurent un à un. Le passé informatique n’a jamais été aussi demandé, précisément au moment où l’industrie ne jure que par le futur.

Ce que ça m’inspire

Pour qui aime le libre et le matériel, c’est un rappel utile : l’informatique a une histoire matérielle, pas seulement logicielle. Les vieilles machines se réparent, se bidouillent, se comprennent entièrement. C’est l’exact opposé de l’obsolescence programmée et des boîtiers scellés. Si l’envie vous prend, les clubs de collectionneurs et les festivals vintage sont un bon point de départ, et les prix de l’entrée de gamme restent raisonnables.

Sources